Junot, L'immobilier de prestige en héritage

Né à Montmartre en 1984, le groupe de la famille Kuperfis s’est imposé comme une référence de la vente de biens de luxe parisiens. Un modèle de réussite bâti sur la discrétion et la transparence, alliées à une expertise pointue et une relation client soignée.



© Stéphane Grangier pour Capital

Dans ce charmant quartier du XVIIIe arrondissement parisien, où flottent encore les esprits du poète Tristan Tzara et de Dalida, les belles demeures sont nombreuses et les ventes discrètes. C’est là que les Kuperfis préservent jalousement les secrets de leur réussite entrepreneuriale qui ont conduit Junot à devenir l’un des leaders du résidentiel haut de gamme de la capitale. Leur reconversion se fait un peu par hasard, en 1984, lorsque Martine Kuperfis et son père cèdent la papeterie familiale pour se lancer dans la promotion et la rénovation de biens immobiliers à Paris et sur la Côte d’Azur. Cette activité, qui débute de manière artisanale, sous la forme de services rendus à leur entourage, prend rapidement de l’ampleur au sein du milieu artistique parisien des années 1980. Il faut dire que la famille, domiciliée avenue Junot, fréquente alors les personnalités du spectacle résidant à Montmartre : Richard Berry, Fabrice Luchini, Didier Bourdon, Alain Chabat… Préservée du tourisme de masse, bourgeoise et arborée, cette artère offre un cadre idéal pour installer une agence immobilière pas comme les autres.

C’est surtout grâce à la rigueur et à la qualité de service héritées de sa première carrière dans l’industrie que Martine Kuperfis se démarque rapidement dans un arrondissement où les agences immobilières sont alors beaucoup plus rares. Exigeante, mais non conventionnelle, elle conçoit pour sa première vente de petits livrets de présentation qu’elle distribue aux imprésarios du quartier, afin de trouver un acquéreur pour la maison sur le toit de l’entrepreneur Georges-Eric Tischker, fondateur de Taxi bleu et ami de la famille. C’est finalement l’autrice de bande dessinée Claire Bretécher, mère d’«Agrippine», qui décroche ce bien d’exception, entouré de 1 000 mètres carrés de terrasse.

LIRE L'ARTICLE AU COMPLET

Croissance raisonnée

Discrétion et transparence : d’ores et déjà, la recette qui fera le succès de l’agence immobilière familiale haut de gamme est posée, et ne changera plus. «Pour nous, l’avenue Junot, comme les produits que nous commercialisons, reflète un luxe sans prétention, à l’abri des regards mais accessible aux initiés», confie Sébastien Kuperfis, le fils de la fondatrice et président de Junot. Un refuge bien gardé – où vit toujours sa mère – qu’il a quitté il y a deux ans pour un beau duplex proche du parc Monceau, avec vue sur la tour Eiffel.

Lorsque Sébastien rejoint l’entreprise familiale en 2006, à 25 ans, suivi deux ans plus tard par son épouse Anne, la maison Junot se distingue déjà par ses valeurs, mais ne compte qu’une seule agence et quatre collaborateurs. Le jeune couple s’attelle alors à développer le réseau parisien avec des ouvertures d’agences à Abbesses, Grenelle, Monceau, dans le Marais, puis rue du Cherche-Midi, rive gauche, avant de s’étendre plus récemment à Breteuil, Jasmin-Auteuil et Courcelles-Ternes. Ce n’est qu’à partir de 2022 que le groupe signe ses premières licences à Lille (Nord) et dans l’ouest parisien – à Rueil-Malmaison et à Saint-Cloud (92), au Vésinet (78). En 2024, l’acquisition de l’entreprise familiale belge...

La clientèle asiatique exige l'avis d'un maître feng shui avant tout achat

Transactions très confidentielles. Anne et Sébastien Kuperfis se sont entourés de collaborateurs et collaboratrices triés sur le volet, issus, pour près des deux tiers, du luxe, du droit ou de la finance. Un parcours souvent décisif dans la maîtrise des codes de la clientèle haut de gamme. « Aujourd’hui, nos acquéreurs recherchent avant tout une discrétion absolue, confirme Sébastien Kuperfis. Si 20% de nos ventes concernent des biens au-dessus de 3 millions d’euros, nous réalisons également des transactions comprises entre 50 et 80 millions, qui ne s’ébruitent jamais. » Ce savoir-faire consiste également à s’adapter à de nouvelles demandes plus… originales. À l’image des exigences de la clientèle asiatique, qui demande désormais, avant tout achat, qu’un maître en feng shui visite le bien afin d’en vérifier l’exposition, la disposition des pièces et le potentiel énergétique.

Devenu un acteur incontournable de l’immobilier d’exception, Junot entend à présent appliquer sa recette dans les grandes métropoles françaises comme Lyon, Bordeaux et Marseille, sur la Côte d’Azur, en Bretagne, dans les stations de ski, ou encore sur le segment des châteaux, qu’il développe déjà depuis 2024. Représentant exclusif de Forbes Global Properties en France et en Belgique, il peut également compter sur les 20 000 agents et les 600 implantations dans le monde de ce réseau international d’agences immobilières de luxe du groupe Forbes, ainsi que sur son audience de 167 millions de visiteurs par mois. En attendant, fidèle à sa stratégie de croissance mesurée, la deuxième génération familiale s’apprête à ouvrir une agence à Ixelles, « le quartier des Français » de Bruxelles, depuis son tout nouveau siège social, installé dans un bel hôtel particulier du XVIIe arrondissement de Paris.

Transactions très confidentielles

Anne et Sébastien Kuperfis se sont entourés de collaborateurs et collaboratrices triés sur le volet, issus, pour près des deux tiers, du luxe, du droit ou de la finance. Un parcours souvent décisif dans la maîtrise des codes de la clientèle haut de gamme. « Aujourd’hui, nos acquéreurs recherchent avant tout une discrétion absolue, confirme Sébastien Kuperfis. Si 20% de nos ventes concernent des biens au-dessus de 3 millions d’euros, nous réalisons également des transactions comprises entre 50 et 80 millions, qui ne s’ébruitent jamais. » Ce savoir-faire consiste également à s’adapter à de nouvelles demandes plus… originales. À l’image des exigences de la clientèle asiatique, qui demande désormais, avant tout achat, qu’un maître en feng shui visite le bien afin d’en vérifier l’exposition, la disposition des pièces et le potentiel énergétique.

Devenu un acteur incontournable de l’immobilier d’exception, Junot entend à présent appliquer sa recette dans les grandes métropoles françaises comme Lyon, Bordeaux et Marseille, sur la Côte d’Azur, en Bretagne, dans les stations de ski, ou encore sur le segment des châteaux, qu’il développe déjà depuis 2024. Représentant exclusif de Forbes Global Properties en France et en Belgique, il peut également compter sur les 20 000 agents et les 600 implantations dans le monde de ce réseau international d’agences immobilières de luxe du groupe Forbes, ainsi que sur son audience de 167 millions de visiteurs par mois. En attendant, fidèle à sa stratégie de croissance mesurée, la deuxième génération familiale s’apprête à ouvrir une agence à Ixelles, « le quartier des Français » de Bruxelles, depuis son tout nouveau siège social, installé dans un bel hôtel particulier du XVIIe arrondissement de Paris.

Notre activité a connu une croissance de plus de 50% en 2025

Sébastien Kuperfis, Président du Groupe Junot

Capital : Le luxe résiste-t-il davantage aux difficultés actuelles du marché immobilier ?

Sébastien Kuperfis : Le segment du haut de gamme n’a pas échappé au recul des volumes de transactions observé depuis 2022. Mais, entre la baisse de 12% de nos prix moyens de vente – de 15 000 à 13 500 euros le mètre carré, entre 2022 et 2025 –, la décrue des taux d’intérêt et la hausse de l’inflation, le pouvoir d’achat immobilier de nos acheteurs a retrouvé un bon niveau. Grâce à ce rééquilibrage entre l’offre et la demande, le marché est donc reparti à la hausse en 2025, à Paris. L’immobilier d’exception reste en effet une valeur refuge, en particulier dans un environnement politique et économique anxiogène, dont nos clients ont cependant fini par se mithridatiser pour réaliser leurs projets. Par ailleurs, à l’international, la France – et Paris notamment – reste perçue comme un havre de paix et de stabilité. Enfin, depuis le Covid, nos acheteurs sont à la recherche d’une certaine immédiateté, ce qui survalorise les biens clés en main rénovés avec soin.

Comment expliquez-vous les résultats de Junot dans ce contexte ?

Depuis quelques années, nous gagnons des parts de marché. En 2025, notre activité a ainsi connu une croissance de plus de 50% (contre 15% en moyenne pour le secteur, selon la Fnaim, NDLR), pour atteindre environ 950 ventes. Cela s’explique, en partie, par l’ouverture récente de plusieurs agences, mais aussi par notre présence et notre travail de fond, en particulier pendant la pandémie : contrairement à nos concurrents indépendants, nos salariés, en chômage partiel, ont continué à travailler et à appeler leurs clients. Sur notre segment, cet accompagnement fait toute la différence dans les périodes plus difficiles.

Vous revendiquez un fonctionnement « à l’ancienne » dans un univers de l’immobilier en pleine mutation…

C’est assumé. Le fait d’être un groupe familial nous permet d’avoir une gestion de « en bon père de famille » et une structure financière saine. En 2023 et 2024, malgré un contexte défavorable, nous n’avons jamais cessé d’investir dans de nouvelles agences, dans nos équipes, dans notre formation interne, ou dans notre communication. Plutôt que de courir à tout prix après les deals, c’est cette vision de long terme qui explique nos performances en 2025. Enfin, bien que notre métier soit de plus en plus exposé, je ne suis pas sûr qu’il change tant que cela. Instagram, l’IA et les drones contribuent certes à l’image des agences, mais attirent surtout les rêveurs. Or notre métier repose presque exclusivement sur le contact humain, afin d’être capable de cibler les bonnes personnes. Il reste finalement assez difficilement « ubérisable ».

Vous êtes donc confiant pour l’avenir ?

Bien sûr. Notre marché demeure porteur et contracyclique face aux aléas macroéconomiques actuels. En outre, nous avons la chance d’exercer une activité très locale et pointue, et donc moins touchée par la concurrence internationale. Nous surveillons néanmoins la note de crédit de la France et les niveaux des taux d’intérêt, qui sont très importants pour nous. Si ces derniers restent stables, il n’y a aucune raison que le marché ne reparte pas, d’autant que les banques retrouvent l’envie de prêter.

 

Stéphane Grangier pour Capital

Souhaitez-vous vraiment quitter la page ?
Souhaitez-vous vraiment quitter la page ?
Souhaitez-vous vraiment quitter la page ?
Souhaitez-vous vraiment quitter la page ?
Souhaitez-vous vraiment quitter la page ?
Souhaitez-vous vraiment quitter la page ?
Souhaitez-vous vraiment quitter la page ?
Souhaitez-vous vraiment quitter la page ?
Souhaitez-vous vraiment quitter la page ?
Souhaitez-vous vraiment quitter la page ?